LA GUERRE DE 14-18

 

 

Suites à de longues recherches sur cette période,
j'ai constitué une collection importante
de cartes postales.
En voici quelques exemples:

 

un poste de grand'garde en 1915  Période antérieure à 1916, les soldats n'ont pas encore de casque.
"Un bureau d'officier en Grand'garde en Argonne"

Etre en "Grand-Garde" c'est être dans un poste avancé avec un détachement de soldats, pour protéger le gros des troupes en bivouac à proximité. A remarquer la table en branchage, qui indique que ces soldats sont restés là quelques heures ou même quelques jours. Apparemment, il ne fait pas très chaud!
 

officier en Argonne 1915
Détail extrait de la carte postale

Jeune officier sans doute de réserve,
 au milieu des cadres plus âgés et officiers d'active.
Sourire ambigü... ou rictus énigmatique?
Il se demande ce qu'il fait là.
Finira t-il la guerre? Rien n'est moins sûr.
Je crois que j'aurais eu ce genre de sourire
 et ces pensées si j'avais été à sa place.



 

 

Soyecourt (Somme) 1916
Soyécourt, un village que je connais bien
sur la route Péronne-Amiens.

Totalement détruit durant la guerre, il a été reconstruit à partir de 1920.
 La gare TGV dite "gare des betteraves" et l'autoroute A1 sont à deux pas! Des milliers de voyageurs passent chaque jour à quelques centaines de mètres. Qui se souvient?
 
 

Vallée de la Thur en 1916
MITZACH en Alsace - 14 - 18

Le classique "brin de myosotis" cueilli sur le front et envoyé à Madame le 3 mai 1918.
La guerre allait se terminer, mais ils ne le savaient pas encore.
Un village en Alsace que je connais bien, à côté de Metzéral, du Schnep....
Toute une épopée que m'a racontée de vive voix, Henri MARTIN, ancien combattant de la guerre 14-18 et 39-45. Il était alors lieutenant de réserve dans l'artillerie (155 court). Directeur d'école ensuite, dans " La Vôge", poète reconnu et primé, botaniste, il est décédé en 1980, après m'avoir légué ses cahiers de souvenirs.
 

Henri MARTIN
Lieutenant de réserve en 1914
Observateur d'artillerie

 J'ai rencontré Henri MARTIN en 1977,  aux Grands Prés, petit village près de Bains les Bains, dans les Vosges. Il finira la guerre sans aucune blessure, malgré une "spécialité" qui l'exposait beaucoup. Première partie de la guerre dans l'Alsace au "Vieil Armand" pendant la période la plus dure, ensuite en 1915 dans la vallée de la Thur: Metzeral, Sondernach, Mittlach, le Shnep.... Ensuite Verdun.
Capitaine de réserve en 1940, il aura pour mission de défendre un fort près d'Epinal. Il s'y retrouvera seul. Ses hommes, moins motivés, partirons sans le prévenir.
Honneurs militaires mais prisonnier et interné en Silésie. Libéré après 14 mois en qualité d'ancien combattant 14-18 il rejoint les forces américaines. Coïncidence: il dirigera en 1945 l'attaque réussie du même fort qu'il avait perdu en 1940.

Et l'Algérie ? - J'ai laissé tombé, m'a t-il dit. C'était sans doute un peu loin.

J'ai su par la suite, qu'un de ses amis officier comme lui, habitait un village d'Alsace, où la plupart des habitants étaient des Allemands ! Le cours du Mark de l'époque oblige.
Cet officier en retraite avait installé dans son jardin un grand mat, et chaque jour montait et descendait les couleurs, au son du clairon! 

Henri Martin était né en 1892 au BOZET près de Xertigny dans "La Vôge". Maître d'école, poète et botaniste passionné dès l'enfance, écrivain, Il est décédé en 1983 à Epinal.
Auteur de: Le Vieil Armand 1915 - Metzéral (non publié) - Le camp de la misère (1940) - Cobats de Juin40 à Xertigny et Dounoux.  
 
 Henri MARTIN 1915

Henri MARTIN, lieutenant, chef de pièce, avec son équipe.
Canon de 155 long, modèle ancien, sans aucun frein de recul.
A chaque coup tiré, la pièce recule de plusieurs mètres, et revient +/- bien sur ses bases.
L'Artilleur, méprisé du fantassin, parfois haï par eux, était très exposé et beaucoup étaient tués en servant la pièce, car l'adversaire essayait lui aussi de détruire les canons ennemis,
et la précision des tirs était redoutable.
La mise en batterie des canons "lourds" demandait de gros travaux de terrassement
et d'aménagement des plateformes.
Le célèbre "75" était bien plus facile à mettre en batterie, mais il était peu efficace en destruction de batiments, de blockauss, et d'abris souterrains...

 
L'aspirant Henri MARTIN avec son équipe sous le Schnep (88) en mai 1915
dans une écurie de "mulets" 
 

Dessin Henri MARTIN juin 1915 Vosges
 
  Le "Schnep" en 1915.

Plus d'info: http://www.alpins.fr/28eme_BCA_guerre_14_18.html

  Croquis topographique réalisé par H.Martin, le 17 juin 1915, lors de l'attaque des Chasseurs Alpins (le 15/2) sur le Schnepfenrietkopf dans les Vosges.
Ce croquis permettait de régler les tirs d'artillerie sur les positions adverses, en évitant si possible de toucher ses propres soldats. En général, la précision était très bonne, de l'ordre de 5 m à 4 ou 5000 m, mais dépendait de la qualité du pointeur... et de l'urgence.
Pendant ma période scoutisme, nous nous entraînions à ce type de dessin, sans les canons bien-sûr.

 

Eugène THOMET
2ème classe - Trois ans de service, quatre ans de guerre. Mitrailleur
L'oncle de mon père, et son père nourricier qu'à ses 16 ans

 

Eugène THOMET 

Photo de famille.
Une compagnie de "territoriaux" mitrailleurs, vers 1917

  L'oncle de mon père ( 1865-1952), Eugène, qui a élevé mon père jusqu'à ses 16 ans, est debout au dernier rang. Les territoriaux étaient les soldats plus âgés. Il avait environ 42 ans à l'époque. Retour de guerre avec les pieds gelés, et l'impossibilité à vie de mettre des chaussures, donc chaussons pour sortir et sabots pour travailler.
 Mutisme quasi complet sur la guerre... Évidemment, balancer des rafales à 600 coups minute sur des files entières de soldats de 20 ans, cela ne se raconte pas dans les salons... En fait, mon père disait que réellement il avait été très traumatisé et avait perdu l'envie de rire....

 



Monsieur FLAMENT

arrière,arrière grand-père du côté maternel
de 2 de mes deux fils:
Philippe né le 26 février 2005
 et Erich né le 19 décembre 2006,
décédé le 6 aout 2004 dans le New-Jersey.

Si mes informations sont bonnes
il avait une petite entreprise de vannerie
à Longpré les Corps-Saints
dans la Somme.

Il aurait été fait prisonnier en Avril 1915
à " La Tranchée de Calonne"
à l'ouest des Eparges.

Maurice Genevoix a été blessé le même jour
au même endroit à 500 m près

Je ne l'ai pas connu Mr Flament,
mais j'ai rencontré son épouse quelquefois.

 

arbre du danger - Beaumont Hamel 80L'arbre du Danger, dans le parc des Terre-Neuviens à  Beaumont-Hamel (80).
Avec Charles-Henry (en blanc)  fils de Brigitte, le " Jour des Epreuves" - Septembre 1992

Les Eparges
A la mémoire de
Maurice GENEVOIX  Louis PERGAUD  Henri ALAIN-FOURNIER

et à la mémoire de trente ou quarante mille autres soldats 

 

Un si joli petit village !

  Sur la colline au dessus du clocher, et dans les alentours en remontant les "Hauts de Meuse" , trente à quarante mille morts durant la guerre. Les tumultes de la bataille se sont éteints, mais l'ombre des disprus est restée présente....
Maurice Genevoix y situe son livre "Ceux de 14". Ici, Henri Alain-Fournier  - "Le Grand Meaulnes" s'est fait tué à quelques centaines de mètres, (son corps sera retrouvé dans les années 80, enseveli dans une fosse commune), Louis Pergaud - "La Guerre des Boutons" est mort  devant Marchéléville, un village tout proche, quelque part sur la gauche, et tant d'autres.... Porchon, le copain de Genevoix, le capitaine Maignan-Simon.....

Thierry Joie, rencontré sur Internet a publié un livre sur Robert Porchon, tué aux Eparges en février 1915. Je vous incite à cliquer sur le lien ci-dessous:

              http://www.editionslatableronde.fr/nouveaute.php?id_ouv=I23083

J'ai souvent visité ce site à 20 km au Sud de Verdun. La beauté des mirabelliers en fleurs, l'odeur des sycomores la-haut sur l'éperon du point X, les vallées somptueuses, le calme, le silence, le vent...

Et puis dans un autre registre, parce que la vie a repris le dessus, les vins du "Domaine de Muzy" dont les vignes s'étagent juste derrière la butte, des vins blancs des "Côtes de Meuse", des rouges légers, superbes...

Et puis aussi d'autres souvenirs avec les ombres des soldats disparus...



 

Et l'Arrière ?
Pourvu qu'ils tiennent !
(Paroles de Poilus)

 

  
Publicité extraite de la revue hebdomadaire "ILLUSTRATION"
  pendant la période 14/18.

J'ai toute la collection, et tous les numéros, semaine après semaine...
Attention Mesdames: Si vous ne vous soignez pas, vous serez une détraquée....
Ce n'est pas moi qui le dit! Soyez donc une " Gyraldosée! "

PS: je ne vois pas en quoi le ministre de " l'intérieur" était concerné! Quoique....

Et quand l'arrière s'occupe de l'Avant!

Publicité extraite de la revue hebdomadaire
"ILLUSTRATION"  pendant la période 14/18.

 
 

Eh ! Mais c'est dangereux !

 

Une guerre fraîche et joyeuse 

Photo sur plaque de verre, pour vision en relief avec un appareil stéro d'époque.
L'impression de relief était absolument saisissante, et j'ai passé des heures entières à regarder les quelques 200 photos de ma collection. Dommage que ce genre de prise de vue ne se pratique plus guère! Mais toutes n'étaient pas aussi vivantes!

 


Non, je ne me moque pas!

Si j'avais vécu cette période, j'aurais été à la guerre comme tout le monde, et connaissant ma distraction, je m'y serais sans doute fait tuer.

Et si... une de mes mémoires antérieures, s'appelait XX ?, sous-lieutenant de réserve, mort au Champ d'Honneur, au printemps 1917, quelque part en Argonne?

En fait, XX ? a été tué en portant un pli secondaire et urgent à son colonel, en arrière des lignes, dans un abri sous terre.

C'est au moment ou XX ? descendait avec désinvolture les marches d'une "cagna" comme celle ci-dessous, et qu'il tendait l'enveloppe, qu'un obus venu de nulle part l'a percuté de plein fouet!

      Il n'a pas été possible de lui donner une sépulture...

 

 
 

 Une "Cagna" près de VERDUN
Lt POISSON  S/Lt MARTIN  Lt JANOD

 


En fait, le S/Lt XX ?, ne se faisait aucune illusion. Il avait rencontré quelques mois auparavant, à AMIENS, une cousine éloignée, que peut-être, après la guerre....

Elle l'avait regardé en silence, un peu moqueuse...


 

     Et je terminerai cette page, par ces deux strophes d'Appolinaire, Sous/Lt lui aussi, blessé gravement à la tête en 1917, et mort le 9 Novembre 1918, à Paris, de la Grippe Avière Espagnole.... 

 
L'adieu du cavalier

Ah Dieu! Que la guerre est jolie
Avec ses chants, ses longs loisirs
Cette bague je l'ai polie
Le vent se mêle à vos soupirs

Adieu! Voici le boute-selle
Il disparur dans un tournant
Et mourrut là-bas tandis qu'elle
Riait au destin surprenant

 
Fermer le ban!

 

     
   
 

 Le général GALLIENI

 
 

 Gouverneur-administrateur de Madagascar, qu'il a "pacifié" ... (no comment, la 3ème République....)
A l'origine du long canal des Pangalanes (nous y avons navigué, Brigitte et moi, et j'ai pensé à lui), c'était un homme remarquable.
La France lui doit les "Taxis de la Marne" épisode très connu de la "Bataille de la Marne", mais surtout nous lui devons en très grande partie la victoire de la Marne. Il a su convaincre Joffre de la nécessité impérieuse d'attaquer au moment opportun, alors que nos armées étaient en pleine déroute, et que les Allemands, trop sûrs d'eux, faisaient une grave erreur de tactique.
Mis à la retraite d'office car atteint par la limite d'âge en juillet 14, alors que par exception à la règle il aurait pu rester le chef de nos armées (et cela aurait changé la face des choses), il perdit sa femme au moment même où il partait la rejoindre à St Raphaël, et reçu l'ordre de reprendre du service, pour cause de déclaration de guerre, le lendemain de l'enterrement, mais dans un poste presque secondaire et sous les ordres de Joffre, son ex-subordonné et néanmoins... pas ami.
Nommé gouverneur de la place de Paris, il fut ensuite, à son corps défendant, ministre de la guerre, et mourrut en mai 1916, d'une maladie de la vessie qui le faisait souffrir terriblement.
Un véritable ascète, végétarien par ailleurs, d'une lucidité étonnante.   
   

 
     
     
  METZERAL 1916 
Croquis de guerre de François FLAMENG
Extrait de "L'illustration"
 numéro spécial en couleur de Noël 1916

 
 

Un petit village des Vosges, que je connais bien, suite à ma rencontre avec Henri MARTIN, ancien lieutenant observateur d'artillerie, qui justement avait participé à l'attaque de ce village, en juin 1915. 

 
     
   aquarelle de Flameng vallée de Munster 14 18  
  La vallée de MUNSTER 1916 
Croquis de guerre de François FLAMENG
Extrait de "L'illustration"
 numéro spécial en couleur de Noël 1916

 
 
 

  La plaine d'Alsace au fond, et la ville de MUNSTER au 2ème plan, typiquement alsacienne.
  Souvenirs ému de la "Tourte de Munster" aux trois viandes marinées dans le vin blanc, des vins d'Alsace, le Riesling, leTokay, le Gewurtz, et aussi du kirch...
  Le dessinateur devait être sans doute sur les pentes du Honneck, une région où j'ai fait beaucoup de superbes randonnées.... sportives et historiques.
  En particulier sur le "Sentier des Roches" entre le col de la Schlücht et le Hohneck, via le col du Falimont, au Linge, au Lac Noir et au Lac Blanc, et un peu plus au nord, au Col du Bonhomme, où Serge DALLENS et JL FONCINE, co-auteurs de la saga du Prince Eric, situent la fin d'un livre...     "La mort d'Eric".... 

    Vous trouverez ces livres dans la collection  "Signe de Piste".

 

 

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés